Publié dans Editorial

A quand la fin ?

Publié le lundi, 28 novembre 2022

La saga perturbante de la JIRAMA aura-t-elle un dénouement un beau jour ? Il n’y a pas un jour sans qu’on parle, qu’on subisse les vicissitudes de la Compagnie nationale de l’eau et de l’électricité, la JIRO sy RANO MALAGASY (JIRAMA). Des promesses aux engagements non tenus, les usagers n’en supportent plus. Les agacements et les dépits atteignent le ras-le-bol.
Les maudits délestages ne datent pas d’hier. Les coupures intempestives d’électricité existaient avant la Quatrième République. Pour Antananarivo et périphéries, elles firent apparition durant le régime de Ravalomanana Marc de 2002 à 2009. L’ancien patron de l’empire du lait voulait apporter des solutions radicales dont entre autres la privatisation pour redresser la Compagnie. Une « solution » qui butait au refus catégorique de l’intersyndicale du personnel. Ayant échoué, Ravalo actait le plan B à savoir nommer un technicien étranger supposé expert en la matière, un Allemand, au poste de Directeur général. En six mois, la JIRAMA se dégrade encore plus. Au fait, elle descend aux enfers. Un expatrié payé très cher, en devises, crevait la moribonde caisse de la Compagnie.
Durant la Transition, les dirigeants ont hérité d’une Société d’eau et d’électricité dans un état critique sinon comateux. Rajoelina et son équipe tentèrent le tout pour le tout afin de ranimer le « malade admis en soins intensifs » mais le cas reste stationnaire. Sous sérum, le pronostic vital étant déclaré, les « médecins » tentent l’impossible.
En janvier 2014, le Président de la République Rajaonarimampianina, fraîchement investi à Mahamasina, promettait qu’il supprimera en trois mois les délestages. Une promesse et un engagement déclenchant un tonnerre d’applaudissements qui avaient fait vibrer tout le Stade Municipal. Mais jusqu’à la fin de son mandat fin 2018, les ennuis de la JIRAMA n’ont jamais été dissipés. Au contraire, ils redoublent de tensions. Ce qui explique, en partie,  son échec aux élections de 2018 lui barrant la route pour un second mandat.
En janvier 2019, le Président de la République Rajoelina nouvellement investi, évitait de promettre ou de s’engager à une échéance précise pour résoudre les délestages de la JIRAMA. A l’approche de la dernière année de son mandat, Rajoelina se trouve encore en plein  chantier de redressement. Il y aura  encore du chemin à parcourir. Les pauvres abonnés souffrent et vivent dans la tourmente.
Entre temps, la direction d’une part, le Conseil d’administration soutenu par le ministère de tutelle, de l’autre et en troisième position les deux tendances au sein de l’intersyndicale, tout ce beau monde passe le clair de leur temps à se chamailler, à se rendre la balle. Une vulgaire « passe à dix » qui, en fait, assombrit et ternit encore davantage l’image de la JIRAMA.
S’il faudrait faire table rase, une solution radicale, au niveau de la direction, CA y compris, il faut oser y passer de telle manière que cette entité de production d’électricité et d’eau puisse entamer un nouveau départ. Le curetage devra toucher aussi le ministère ! On ne discrédite ni minimise les efforts entrepris tels les évaluations seulement, il est temps de résoudre sans complaisance le problème.
A quand donc la fin sinon le dénouement de cette crise minant la Compagnie nationale et qui, parallèlement, sape le moral de la troupe.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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